2014, une année où les DSI repassent à l’action ?

 

« Certains DSI ont laissé passer le train du digital : ils doivent agir en 2014 ! »
par Marie-Hélène Fagard, Présidente de CIONET


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Quelles sont les évolutions récentes qui ont marqué les missions des DSI ? Quelles tendances vont les impacter en 2014 ? Décryptage avec Marie-Hélène Fagard, Présidente de CIONET France (communauté de cadres informatiques) et fondatrice de Fagard et Associés (société de conseil en stratégie SI spécialisée dans le cloud et la digitalisation) qui a occupé un poste de DSI dans plusieurs grandes entreprises.

Le torrent numérique se répand très rapidement et risque de submerger les entreprises. Qu’en pensez-vous ?

Même si le cloud privé a été adopté par un certain nombre de DSI, nombreux sont ceux qui n’ont tout simplement pas cru à l’approche du cloud public, considérant que cette option serait de toute façon rejetée par les métiers, par crainte pour la sécurité des données. Or, ces directions métiers, et notamment le marketing, ont parfaitement identifié les bénéfices potentiels : plus grande agilité, gain de temps... En mode Proof of Concept (POC) permanent, elles sont à même de déployer très rapidement de nouveaux projets. Le temps est en général divisé par 2 grâce au cloud ! Les métiers poussent donc aujourd’hui pour accélérer un changement qui apparaît de plus en plus inéluctable. Désormais, ce sont eux qui pilotent les projets au travers des Chief Digital Officer (ou Chief Innovation Officer). Deux cahiers des charges sur trois sont ainsi suivis par le marketing, et non plus par la DSI ! Cependant, la transformation digitale ne se résume pas simplement à une transformation marketing, d'où l'importance de la prise de conscience du DSI et d’un partenariat obligatoire avec le Chief Digital Officer si la fonction existe au sein de l'entreprise.

Est-ce une erreur de perception chez certains DSI ?

Certains DSI ont anticipé le changement. D’autres en ont pris conscience sans agir. Mais il faut aussi souligner que ces DSI ont pu être victimes d’un message antinomique des directions générales. D’un côté, les DSI sont vues comme un centre de coût qu’il faut réduire et, de l’autre, comme un centre de valeur qui doit prendre le virage du numérique. Du coup, de nombreuses DSI en sont restées au premier message et ont essayé de diminuer les coûts, plutôt que de se lancer dans le changement.
Il est donc urgent qu’en 2014, les DSI rattrapent le train du digital pour reprendre la main en termes de pouvoir de décision et de choix. Cela passe obligatoirement par un acte de partenariat entre DSI et Chief Digital Officer. Le DSI doit l’accompagner dans sa conception d’un nouveau business model pour s’assurer de la cohérence des projets avec le SI existant, être le garant de son intégration, voire anticiper la transformation profonde du SI.

Les DSI sont également confrontées à une demande croissante de BYOD (Bring Your Own Device). Comment la gèrent-elles ?

Le BYOD n’est pas si simple à intégrer dans l’entreprise, tant du point de vue de la DSI que du point de vue de l’utilisateur. Certains collaborateurs sont demandeurs : ils souhaiteraient utiliser leur équipement personnel à des fins professionnelles. Mais il faut alors intégrer ces équipements dans l’outil de gestion de parc de l’entreprise, ce qui signifie que l’administrateur aura aussi accès aux données privées du collaborateur. Cette contrainte n’est pas toujours acceptée. D’un autre côté, les DSI sont parfois défavorables la généralisation du BYOD par crainte pour la sécurité des données.
En fait, le BYOD impose un changement de stratégie. Plutôt que de standardiser le poste de travail – ce qui a longtemps été un objectif des DSI –, il faut désormais viser une standardisation de l’accès aux données. Si l’on songe au BYOD, il faut se demander comment centraliser les données dans un endroit sécurisé, offrir un accès via le cloud aux PC, tablettes, smartphones…

Et qu’en est-il des places de marché d’applications ? Constituent-elles un virage obligatoire pour les DSI ?

Oui, les App Stores d’entreprise vont sans aucun doute se généraliser à moyen terme. Nous utilisons au quotidien des applications transport, météo ou encore fitness. Ces usages désormais familiers seront transposés au monde de l’entreprise et chaque collaborateur pourra télécharger les outils dont il a besoin pour travailler.

Autre sujet majeur de ces prochains mois : l’Internet des objets. Quel sera leur impact pour les entreprises ?

Les objets connectés et l’Internet des objets sont une tendance forte, et les bénéfices attendus sont immenses. Aujourd’hui, ils sont présents dans absolument tous les domaines comme nous avons tous pu le constater au dernier Consumer Electronic Show (CES) : transport, santé, consommation, services à la personne… Ils peuvent permettre d’anticiper une panne et une interruption de production, s’intégrer dans des projets liés à la sécurité… Rappelons d’ailleurs que dès 2011, Salesforce et Toyota présentaient un projet de voiture connectée, communiquant avec son propriétaire via Chatter ! Une opportunité très grande pour les entreprises d’approfondir la relation client.

En parlant de relation client, quel rôle la DSI joue-t-elle dans les entreprises désirant recentrer leur stratégie sur le client pour devenir une « Customer Company » ?

La DSI est le moteur du changement avec le marketing, en collaboration avec le Chief Digital Officer si ce rôle existe dans l’entreprise.
La DSI doit comprendre le métier et aider à apporter les bons outils, en jouant un rôle d’intégrateur de technologies, et en étant force de proposition.
Elle a enfin un autre rôle essentiel : maintenir l’intégrité du SI dans le changement et s’assurer de la bonne cohabitation entre l’existant (par exemple un ERP) et l’innovation (digital, cloud, etc.).

Pour finir, si vous deviez retenir 2 grandes tendances pour 2014 ?

Sans hésiter, les big data. Personnellement, j’y vois surtout davantage de données à gérer dans un temps limité. Alors je préfère parler d’analyse prédictive, de business intelligence ! Il s’agit avant tout de réfléchir à comment tirer parti des big data dans les métiers.
Ensuite, je crois en une montée en puissance des startups innovantes qui vont permettre aux DSI de prendre le virage du digital et de passer au modèle cloud très rapidement. Les startups permettent de réagir et de disposer d’applications dédiées plus vite. Ce n’est ainsi pas par hasard que l’événement annuel organisé par CIONET avait pour thème en 2013 « Innovation et startups au sein des DSI » ! D’ailleurs, Salesforce a conservé cet esprit startup, non ?

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