Smart and the city : l’heure est à la convergence des données publiques et privées


Portées par des stratégies d’open data, les smart cities se rapprochent des entreprises, dans le strict respect de la confiance des citoyens. Pour y parvenir, elles repensent leurs modèles opérationnels afin d’améliorer l’intégration de données souvent disparates.

C’est un environnement fertile où les datas croissent vite et bien. Les smart cities offrent une concentration et une diversité de données proprement exceptionnelles. Selon le JDN, 27 villes françaises mènent actuellement un projet de transformation, avec l’open data en clé de voute. Depuis 2016 et l’entrée en vigueur de la loi pour une République numérique, les collectivités locales de plus de 3 500 habitants et 50 agents ont en effet l’obligation de publier les données qu’elles produisent, dans le respect de la vie privée, du secret des affaires et de la sécurité nationale. Cette obligation concerne également les données collectées par leurs partenaires dans le cadre de délégations de service public, notamment dans les secteurs des transports (SNCF, RATP), de l’énergie (ENGIE, EDF), de la distribution d’eau (Veolia, Suez)...

« Les collectivités sont devenues des agrégateurs de données »

Autant dire que les quantités colossales de data produite ont de quoi faire tourner le moulin des nouvelles technologies. Grâce à elles, il devient possible de développer des applications pour mieux se déplacer, connaître les places de stationnement disponibles ou encore la qualité de l’air. Les entreprises peuvent aussi exploiter ces datas publiques pour proposer des services basés sur les statistiques du marché de l’immobilier ou encore celles de l’emploi. En parallèle, les données collectées par les acteurs privés intéressent au plus haut point les acteurs publics : réseau mobile, flux logistiques, applis de géolocalisation et de transport (comme Waze ou Citymapper), VTC, acteurs des nouvelles mobilités (autopartage, covoiturage, vélos et trottinettes en free floating).

L’heure est donc à la convergence des données publiques et privées. « De fait, les collectivités sont devenues des agrégateurs de données et doivent repenser leur rapport aux citoyens », explique Emmanuel Grandserre, senior partner du groupe 4icom spécialisé dans la mobilité. Or, les attentes des citoyens sont particulièrement élevées. Selon une étude menée par Accenture en 2016 aux États-Unis, 85 % d’entre eux exigent des acteurs publics une qualité de service équivalente ou supérieure à celle offerte par le secteur privé dont les ténors ne sont autres que Uber, Amazon ou encore Google. Ils exigent autant, voire plus de transparence, d’accessibilité et de réactivité.

Ne plus chercher à réinventer la roue

Dès lors, comment faciliter et accélérer le partage des données ? Pour les vénérables collectivités, le challenge est de taille. Elles doivent se projeter vers le futur tout en gérant un historique technologique complexe, avec des contraintes budgétaires élevées. Elles doivent impérativement changer de modèle opérationnel en repensant l’intégration des données. Comment ? En s’appuyant sur une plateforme d’intégration qui, à l’instar de Mulesoft, récupère la data collectée et la classe au sein d’une base données. Dans un second temps, cette plateforme permet aux développeurs de créer des services qui vont interagir avec la donnée via une interface de programmation (API).

Pour une gouvernance des données

Cette architecture en micro-services accélère également le partage de données. Avec ce système, les partenaires privés peuvent en effet accéder à la donnée qui leur est spécifiquement destinée – et uniquement à celle-ci – grâce à un mécanisme de restrictions extrêmement précis. Il devient ainsi possible, pour chaque acteur public, de définir ses propres licences d’utilisation sans reconfigurer la plateforme. Résultat : une vision complète des flux de données à l’intérieur et vers l’extérieur, pour une parfaite sécurisation des informations. « Concilier le déploiement d’objets connectés toujours plus nombreux et performants (caméras, capteurs Bluetooth ou infrarouge, microphones, analyseurs d’air, d’eau, de déchets…) avec la nécessaire confiance des citoyens, est aujourd’hui un impératif pour les smart cities qui ont fait de la gouvernance de la donnée un enjeu-clé », conclut Emmanuel Grandserre.