Le 3 février dernier, Salesforce a réuni différents experts du monde numérique pour un déjeuner débat, autour d’une question-clé : « Que manque-t-il à la révolution digitale pour devenir une véritable révolution économique en termes de croissance et d’emploi ? »

 

 

Des grandes entreprises trop frileuses…

Yann Algan*, professeur d’économie à Sciences Po et spécialiste entre autres des modèles de coopération dans les entreprisesparticipait à ce débat. Pour lui, « Il y a d’abord un problème de financement. Les Américains, eux, peuvent  compter sur des business angels qui s’engagent financièrement, en laissant une grande autonomie à la jeune entreprise. Il y a aussi un manque d’accompagnement au développement, que les grandes entreprises pourraient apporter en partageant leur savoir faire.  Mais celles-ci voient le digital comme une contrainte, et opposent une véritable résistance à l’innovation. » 

« La première révolution industrielle a été la révolution de la force physique,
déléguée aux machines. La seconde a permis de démultiplier la production,
avec des tâches standardisées. La troisième révolution, numérique,
démultiplie les idées. C’est une révolution de la connaissance.
 »

Yann Algan, professeur d’économie à Sciences Po  

Rattraper le retard numérique

Résultat : de nombreuses entreprises tardent à réaliser leur transition numérique. Les Français, pourtant, sont prêts ! « Les Français en tant que citoyens, individus et consommateurs, se sont appropriés les technologies numériques - il suffit de voir le succès de Blablacar ou Leboncoin pour s’en convaincre. Mais collaboration et interconnexion sont absentes de leur vie professionnelle », déplore Yann Algan.

Le retard français en matière de travail collaboratif est sensible dès l’école. Les jeunes, hyperconnectés, sont en attente de collaboration. Mais les méthodes pédagogiques ne sont pas adaptées à cette attente. « Une remise en cause de l’enseignement est nécessaire, surtout dans les filières générales. L’approche collaborative, ou encore la valorisation des capacités non cognitives des élèves, sont au cœur de nouvelles méthodes pédagogiques testées par Sciences Po et ont prouvé leur efficacité. »

Le modèle collaboratif, une solution pour rester compétitif

Ce retard, sensible dans l’enseignement comme dans l’entreprise, est inquiétant : les entreprises restant à l’écart du modèle collaboratif s’exposent à perdre en compétitivité… Car, dans une communauté 100 % connectée, il n’existe plus de région, secteur ou marché local. L’information parvenant immédiatement à des millions de personnes, une bonne idée peut ainsi capter la totalité du marché très rapidement. « L’économie numérique est une économie de super-stars. Les premières entreprises arrivées sur le marché prennent la place de leader, et ce indépendamment de leur nationalité, parce que les consommateurs ne font pas la différence. Une entreprise ne peut donc pas survivre sur un marché local sans s’appuyer sur le modèle collaboratif » insiste Yann Algan.

Salesforce, pour accompagner la transition

Pour réussir leur transformation numérique, les entreprises doivent donc remettre en cause leur organisation même. Le besoin de réactivité et d’agilité requiert l’évolution vers une organisation horizontale, permettant le partage des idées.

 « Salesforce, par exemple, peut jouer un rôle-clé dans cette transition, car au-delà des produits, son offre consiste en une révolution des modes de pensée et de management. Ses solutions cassent les silos, connectent l’entreprise, ses fournisseurs et ses clients en temps continu. Les clients font remonter leurs attentes, deviennent les innovateurs… Cette économie de l’innovation démultipliée est la clé de la réussite », conclut Yann Algan.

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* Yann Algan, professeur d’économie, est l’auteur de La société de défiance (2007) et de La fabrique de la défiance… et comment s’en sortir (2012).