La Réalité Augmentée (ou RA) est une technologie qui superpose à la réalité des objets 2D ou 3D en temps réel. Avec l’irrésistible développement des marchés et des capacités mobiles (tablettes et smartphones surtout) ce secteur est appelé à connaître une explosion, passant de 100 millions de dollars actuellement à une prévision de 120 milliards en 2020. Entrepreneur-pionnier de la RA, le PDG d’Augment Jean-François Chianetta a décidé en 2011 de développer outre-Atlantique son activité. Il revient sur une implantation réussie et partage quelques conseils.

Pouvez-vous nous parler d’Augment ?

Augment permet via des applications mobiles de visualiser sous toutes les coutures des produits (vidéo) en réalité augmentée dans un environnement réel, en temps réel. En permettant donc au vendeur de montrer son produit facilement sans déplacer celui-ci.  Au designer de pouvoir visualiser un nouveau produit sans avoir besoin de prototype physique, ou encore au visiteur d’un site e-commerce de visualiser un produit chez lui avant de l’acheter. Notre application est gratuite, et disponible sur App Store et Google Play pour qui souhaite l’essayer et constater sa polyvalence.

Pourquoi les États-Unis ? Quelles ont été vos motivations ?

La tablette était en 2011 plus répandue outre Atlantique qu’en Europe, mais cet écart s’est comblé. Il n’y avait alors pas de concurrence aux États-Unis. Nous avons donc décidé de nous y implanter pour capter l’attention et prendre le marché de vitesse. En terme de retombées, un article dans Forbes (journal d’information financière de référence) n’a pas le même impact que dans un média français. Et cette exposition nous ramène des clients dans le monde entier. Enfin, le territoire est d’une autre échelle que l’Europe, qui se conquiert pays par pays. 

Avez-vous eu des surprises outre-Atlantique ? Des difficultés ? 

Même si on ne regrette pas, l’implantation aura coûté plus cher que prévu. La manière de travailler change : les Américains ne sont pas aussi rapide d’adoption que les Européens. Il y a toute une culture du pilote, et des process plus extensifs qu’en Europe malgré une profonde ouverture au changement. Humainement, le rapport à l’enthousiasme est radicalement différent : sur les salons, les Européens peuvent être clients sans le laisser paraître, et les Américains paraissent parfois intéressés sans suivi ultérieur. Pour les problèmes, l’obtention des visas est compliquée et retardée par les implications administratives et les frais. 

Que conseillez-vous à des entrepreneurs français souhaitant s’établir aux États-Unis ?

Il faut absolument un fondateur -ou un partenaire de premier plan- sur place. Ne pas embaucher à distance, car c’est dangereux et coûteux. Il faut bien prendre le temps d’appréhender la culture, la manière de faire du business, de mettre en place un réseau. A notre manière, nous avons fait les choses vite  mais je ne pense pas que cette démarche s’impose pour toutes les PME.

Comment augment envisage l’avenir ? Quels sont vos projets et perspectives ?

Nous allons continuer à nous étendre aux États-Unis, et bientôt en Asie. Et à développer Augment sur tous supports adaptés. Notre plateforme n’a pas de frontières et transcende les cultures, car elle n’implique aucune régulation ou composante textuelle. Elle est purement visuelle et donc facilement exportable sans localisation. La réalité augmentée va se développer rapidement. Nous voulons être les leaders de ce marché pour accompagner cette explosion. Tant reste à inventer en terme d’usage et d’applications de la RA. Ce sont d’ailleurs nos clients qui trouvent des dizaines d’utilisations nouvelles d’Augment.

Pour aller plus loin : Augment, la réalité augmentée au service des ventes