Les travaux du premier village zéro déchet viennent tout juste de commencer à Almere, aux Pays-Bas, à une vingtaine de minutes en train d’Amsterdam. A terme, une centaine de maisons à énergie positive sortira de terre. Des maisons où les habitants recycleront leurs déchets, produiront eux-mêmes leur nourriture et leur énergie. L’occasion de s’interroger sur notre futur énergétique…

La France est en retard dans le domaine des énergies renouvelables. Dans l’hexagone, uniquement 14% de la production énergétique provient des énergies renouvelables, le pays se situe en dessous de la moyenne européenne en 16ème place. Pendant ce temps, des exemples d’innovation autour du numérique et des énergies propres se multiplient dans le monde.

Ainsi, bien qu’ayant quadruplé ses capacités solaires au cours des trois dernières années, le Chili poursuit le développement de ses fermes solaires hissant le pays à la 4ème place mondiale en terme d’énergies renouvelables.

A l’autre bout du monde, Copenhague ambitionne de devenir d’ici 2025 la première capitale européenne neutre en carbone. Un objectif sur lequel la capitale danoise travaille depuis la fin des années 70, moment où le pays a pris conscience de sa dépendance vis à vis du pétrole et à décidé de se tourner vers les énergies renouvelables. Depuis, un plan drastiques de réduction des émissions de CO2 a été mené et les citoyens se sont largement engagés en faveur de l’éolien.

Micro grid et blockchain

Dans le très branché quartier de Brooklyn, à New York, un micro grid (réseau d’énergie local) a été inauguré courant 2016. Grâce à cinq panneaux solaires posés sur les toits de cinq habitations, les résidents sont non seulement autonomes en énergie mais peuvent échanger leur énergie en temps réel avec cinq autres habitations situées de l’autre côté de la rue. Ce réseau local s’inscrit dans le cadre de la joint-venture TransActive Grid. Cette possibilité donnée aux habitants de devenir maître de leur énergie est rendue possible grâce au blockchain, une technologie de stockage numérique et de transmission à coût minime, décentralisée et totalement sécurisée. Fonctionnant sans intermédiaire, éliminant donc les frais d’infrastructures, le système est infalsifiable et mis à jour en temps réel par les utilisateurs. En France où « les usagers sont dominés, passifs et assistés dans leur rapport à l’énergie » remarque le scientifique et prospectiviste Joël de Rosnay, cette technologie pourrait bien bouleverser la donne et permettre de véritablement optimiser les smart grids, ces réseaux de distribution intelligents capables d’adapter l’offre de production d’énergie renouvelable à la demande des entreprises et des consommateurs.

Car comme le rappelle Joël de Rosnay,  dans son ouvrage 2020, les scénarios du futur : “grâce à Internet, nous passons à une société du partage de l’énergie. Une société aux motrices multimodales où toutes les formes de renouvelable doivent être valorisées au même titre que la responsabilisation des citoyens ».

Des coopératives énergétiques

Créé en 2005, Enercoop est le seul fournisseur français d’électricité sous forme de coopérative à s'approvisionner uniquement et directement auprès de producteurs d'énergies renouvelables. Responsable, ce fournisseur s’engage également dans la réappropriation citoyenne de l’énergie en développant des coopératives au niveau local permettant de créer un circuit court entre les producteurs et les consommateurs d'électricité. Avec 117 producteurs et 30 000 consommateurs, Enercoop connaît un engouement croissant malgré des tarifs encore légèrement supérieurs à ceux des autres fournisseurs d’électricité.

L’alliance des énergies renouvelables, du numérique et de la citoyenneté n’en est qu’à ses balbutiements…