Essayons, à la lumière des dernières tendances et études, d’imaginer l’espace de travail de demain..

L’essor du nomadisme digital et du télétravail

Grâce à Internet, le télétravail est une réalité en forte augmentation. Cette possibilité fait même figure d’avantage compétitif dans un descriptif de poste avec des retombées financières (exit les transports, le logement près du bureau) et personnelles (possibilité de travailler au contact des proches) appréciables et souvent souhaitées.

Des acteurs digitaux choisissent aussi de délocaliser leur lieu de travail vers des cieux plus cléments où la vie est moins chère. Ce nomadisme digital est désormais riche d’une sous-culture propre avec ses chercheurs, ses codes et ses hauts lieux comme Bangkok la frénétique ou Ubub, la belle endormie de Bali. Le développement des espaces virtuels de collaboration et le ballet des fuseaux horaires d’un web qui ne dort jamais contribuent à l’édification de cet écosystème.  

Des géants du net et startups modestes détachent périodiquement des « taskforces » vers des événements alternatifs. Ainsi, le « Burning Man » a vu se multiplier les visites de millionnaires et de développeurs, jusqu’à devenir un lieu de pèlerinage.

Santé et fun : deux valeurs fédératrices

Pour concurrencer le foyer ou la plage thaïlandaise, les startups rivalisent d’ingéniosité. Avec une nette préférence pour le Bürolandschaft ou bureau-paysage ; cet open-space germanique qui fait abstraction de la hiérarchie physique pour favoriser le dialogue et l’interaction.

Le bien-être est aussi au cœur des espaces de travail modernes. Pour limiter la position assise néfaste à la santé des stations debout/assise sont proposées, tout comme la possibilité de travailler allongé ! Fatigué après une session intensive de programmation ? Pourquoi ne pas profiter d’une petite sieste dans une cabine isolante ? Ou des massages, séances de méditation, de Pilate ou de yoga ?

Alphabet/Google a bien compris que le style du workspace s’intègre dans une démarche de branding externe et interne ; et cherche à incarner ses valeurs à travers ceux-ci. Les modules de détente « work hard, play hard » vont de la très « geek » salle d’arcade rétro, au jardin floral contemplatif. Sans compter les bars à salades, tables de ping-pong, espaces de lecture et les nombreux évènements ponctuels (casual friday, ou « vendredi bière » chez Sid Lee). Le but ? Faire mieux que la maison, avec un luxe de moyens digne d’un palace.

Et demain, des interfaces intelligentes et intuitives

La Révolution tranquille de l’Internet des Objets et de l’intelligence artificielle est en marche, et elle va bouleverser les espaces de travail. Exit la prise de note et l’interface utilisateur lourde grâce au traitement automatique du langage naturel (TALN). Bientôt, on s ‘adressera à un assistant virtuel sur mesure comme à un collègue de travail, on visualisera en réalité augmentée et en temps réel des projets en 3 dimensions collaboratives, et l’on obtiendra grâce aux big datas des données fiables et inspirantes. Autant de technologies qui vont vers une simplification des interfaces utilisateurs appelée à devenir, crois savoir Gartner, des capteurs commandés au mouvement et à la voix. Les systèmes d’assistance seront aussi capables d’interpréter, et à l’avenir d’anticiper et de rationaliser les tâches répétitives. Le collaborateur pourrait donc ressembler à un chef d’orchestre en plein concerto (Tom Cruise dans « Minority report »), ou à un client de café dictant un rapport.

Après-demain : vers une ville-ruche ?

A l’horizon 2040, une étude de CBRE décrit un espace de travail à l’échelle de la ville constituée en hubs de communication et des collaborateurs multi étiquettes (micro-entrepreneurs et freelance). Le rapport imagine aussi des zones hors connexion de sobriété numérique réservée à la fois aux loisirs, au repos, à la vie de famille et à l’introspection. Dans ce futur possible, l’employé « consomme » l’espace de travail, et organise son temps et sa productivité à son gré et celui de sa vie privée.

A la lecture de toutes ces tendances, une certitude déjà : c’est l’espace de travail qui s’adaptera à l’employé et non plus l’inverse.