A l’heure de la prise de conscience de l’urgence environnementale et de l’inéluctable diminution des ressources, de plus en plus de chercheurs et d’ingénieurs imaginent des produits low tech.  Cette « basse technologie » qu’on oppose à la high tech, mais qui lui est en fait très complémentaire, propose de repenser nos objets du quotidien pour les rendre plus autonomes et plus neutres écologiquement.

Bricolage et détournement d’usages dans l’hémisphère sud

C’est dans les pays de l’hémisphère sud que le mouvement s’amorce avec le plus de facilités. A l’image de William Kamkwamba, ce jeune Malawi qui, à 14 ans,  a construit une éolienne avec des matériaux trouvés dans une décharge pour irriguer les terres de sa famille en proie à la famine, de très nombreuses initiatives se développent.

En février 2016, Corentin de Chatelperron, ingénieur et aventurier de 33 ans a pris la mer à bord d’un catamaran de 45 pieds réhabilité en version low tech (autonome en eau, énergie et alimentation avec à son bord une serre hydroponique, un pédalier multi fonction, une éolienne…). L’objectif de son périple de trois ans : recenser les innovations low tech à travers le monde et constituer une communauté dédiée.

Pour être low tech, les innovations doivent répondre à quatre critères :

  • avoir un faible impact écologique (conçu pour consommer mieux et moins),
  • être fabriquées à base de ressources locales,
  • être réparables,
  • pouvoir être réalisées par n’importe qui en DIY (Do It Yourself) grâce aux MOOC, fiches ou tuto.

Recyclage et rechapage dans l’hémisphère nord

Dans l’hémisphère nord, bien que le challenge s’annonce plus compliqué, les low tech aussi gagnent du terrain. Dans un ouvrage intitulé L’âge des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable, l’ingénieur spécialiste de la finitude des ressources minières Philippe Bihouix explique : « les low tech c’est d’abord une attitude qui vise à mieux se servir des produits high tech aujourd’hui disponibles afin d’éviter les chocs de pénuries à venir ». Parmi les actions proposées par l’ingénieur : brider la vitesse des voitures, favoriser le rechapage des pneus des véhicules individuels, standardiser la consignation des bouteilles en verre, favoriser la vente en vrac, mettre fin aux imprimés publicitaires…

De même pour les DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) de nos ordinateurs, téléphones ou produits ménagers, la marge de manœuvre reste gigantesque. Lorsque qu’on sait que seuls 1% des téléphones mobiles sont actuellement recyclés en Europe alors qu’ils sont composés de verre, de cuivre, de cobalt, de plomb et même d’argent et d’or… Ce sont autant de matières qui pourraient être réinjectées dans de nouveaux produits !

Pour aller plus loin : Fairphone 2 : un mobile éthique