Jadis l’entreprise avait les yeux braqués sur l’extérieur : ses clients et ses fournisseurs. L’intérieur, lui, tournait tout seul. La carrière suivait son petit bonhomme de chemin, une vie entière parfois. Quand soudain, #startups, #précarité et #millenials : les employés sont mobiles et les carrières, fragmentées. Pour l’entreprise, conserver ses talents et attirer les meilleurs est devenu un enjeu de compétitivité majeur. Comme le met en lumière le 2017 Global Workplace Trends réalisé par Sodexo, le concept de « qualité de vie » structure désormais le monde du travail. Quels enseignements tirer de cette étude ?

L’équilibre : le graal de l’entreprise du XXI eme siècle

Les stratégies entrepreneuriales, qui ont fait leur preuve ses dernières années, ont profondément modifié les méthodes traditionnelles de management. Comme l’explique le Global Workplace Trends, agile est devenu le maître-mot. Pour les collaborateurs, cela se traduit par une plus grande autonomie, une exigence de formation continue, et une collaboration accrue avec les autres entités. En bref, un esprit entrepreneurial, une volonté de casser les silos dans l’entreprise et une capacité à accepter le déséquilibre permanent.

La recherche d’équilibre devient primordiale. Équilibre personnel tout d’abord, avec la nécessité pour chacun de gérer des responsabilités nouvelles. Marc Benioff, CEO de Salesforce, a même fait installer des salles de méditation à chaque étage du siège de San Francisco. Une pratique qui a démontré ses effets sur le bien-être et la productivité des employés !
L’harmonie entre vie personnelle et professionnelle est également prise en compte avec la mise en place de services internes permettant de faciliter la vie des salariés. L’essor des conciergeries d’entreprise, qui prennent en charge les démarches en tout genre, témoigne de cette volonté de soulager des collaborateurs de plus en plus sollicités.
Autre conséquence, le développement du travailleur nomade, qui n’hésite pas à faire du home voire du « ailleurs » -office. Si cette liberté peut surprendre, elle est en fait le point de rencontre entre agilité, équilibre de vie et implication.

De l’open space au happy space

Mais soulager ne suffit pas. Pour motiver les collaborateurs et stimuler leur créativité, il faut les rendre heureux et les maintenir en bonne santé. Dans cet esprit, la plupart des entreprises repensent les espaces de travail. De l’emblématique baby-foot des startupers jusqu’à la médiathèque ou la salle de sport, les entreprises rivalisent d’imagination. Le cabinet PwC est allé jusqu’à installer un espace « piscine et spa » dans ses locaux parisiens : le bien nommé PricewaterCool !

D’après le Global Workplace Trends, l’expérience complète du salarié doit être repensée pour fluidifier chaque instant de sa journée de travail. Cela passe par la conception des bureaux (lumineux, modulaires, zen, etc.), les logiciels et outils mis à disposition, la présence d’espaces collaboratifs, etc. D’après un sondage mené par Deloitte en 2016, 79 % des chefs d’entreprises considèrent que repenser le lieu de travail pour l’employé est une priorité. Dans ces happy spaces, ce n’est plus le salarié qui s’adapte à son bureau, mais tout l’environnement qui est pensé pour le bien-être (et l’efficacité) du collaborateur.

Travail sans conscience n’est que ruine de l’âme

Les millenials, cette génération née avec la révolution numérique, sont en quête de sens, comme leurs aînés qui refusaient de « perdre leur vie à la gagner » en 1968. Une tendance forte illustre cette demande d’épanouissement au travail : la responsabilité écologique et sociale des entreprises. Aujourd’hui, 15 milliards de dollars sont dépensés chaque année dans le soutien aux ONG et associations par les 500 premières firmes américaines. Cette prise de conscience est notamment née des salariés « conscientisés ». 75 % des millenials accepteraient ainsi une diminution de leur paie pour travailler dans une entreprise socialement responsable.

D’ailleurs, les salariés travaillent autant pour leur entreprise que pour eux-mêmes et leur carrière, comme en témoigne le développement du personal branding. Aujourd’hui, un salarié vit son parcours professionnel bien au-delà de l’entreprise qui momentanément l’emploie. Il va donc mettre en avant sa carrière et son expérience… Mais les employeurs qui savent répondre aux exigences des salariés en profitent largement : ceux-ci deviennent en effet les ambassadeurs de leur entreprise et de leur carrière sur les réseaux sociaux.

Toutes ces évolutions semblent aller dans le même sens : l’humain est désormais perçu comme le premier investissement de l’entreprise. Même le développement de la robotique et de l’intelligence artificielle est mis au service de l’homme, qui pourra se concentrer sur un travail enrichissant et à haute valeur ajoutée.