Le contexte actuel pourrait faire penser que nous assistons à un véritable retour en arrière, à une régression qui nous ramènerait au Moyen Age. Pourtant, à y regarder de plus près, il semblerait que notre époque charnière nous amène vers une vision plus positive du monde. Une époque comparable à ce que fut la Renaissance du 16ème siècle.

Internet, neurosciences et conquête spatiale

C’est en tous cas ce qu’affirme l’enseignant chercheur Idriss Aberkane : « nous sommes en pleine renaissance, une renaissance 2.0 » explique t’il « mais nous n’en avons pas conscience car cela opère sur plusieurs générations. Pourtant le développement d’Internet, les découvertes dans le domaine des neurosciences et dans le domaine spatial sont comparables aux progrès que l’imprimerie, la médecine ou encore la géographie avaient permis au XVIème siècle ».

Fort de ce constat, Idriss Aberkane intervient sur des sujets aussi vastes et variés que le management ou l’éducation démontrant que « tout homme épanoui est forcément économiquement utile » et que “le modèle éducatif français actuel hérité de la révolution industrielle est comparable à du gavage. La connaissance du cerveau a considérablement progressé nous révélant que les technologies de l’information et de la communication pourraient être mieux adaptées aux capacités d’apprentissage ».

Né en 1986,  titulaire de trois doctorats, un en diplomatie et Noopolitique (2013), un autre en études méditerranéennes et littérature comparée (2014) et un troisième en neurosciences cognitives et économie de la connaissance (2016), Idriss Aberkane  est également ambassadeur du Campus Numérique des Systèmes Complexes Unesco-Unitwin, co-fondateur d’une société conceptrice et éditrice de jeux vidéo neuro-ergonomiques et co-fondateur d’une société de micro-crédit agricole à taux zéro au Sénégal. Une palette de connaissances et d’expériences qui lui permet cette approche transversale et universelle.

L’économie de la connaissance

A tous ces domaines d’étude et de recherche a priori éparses, Idriss Aberkane  trouve un ciment, celui de l’économie de la connaissance. « Une économie dont la ressource principale est infinie. Une économie qui facilite et récompense le partage, une économie où le chômeur a davantage de pouvoir d’achat que le salarié, une économie où 1 et 1 font 3. Une économie dans laquelle tout le monde naît avec du pouvoir d’achat » explique le chercheur dans son traité pratique Economie de la connaissance (paru en mai 2015).

Les prolongements très pratiques de cette économie s’appellent le biomimétisme, l’écologie industrielle, l’économie circulaire ou encore la  Blue Economy.

Le biomimétisme intéresse plus particulièrement le jeune chercheur. En effet, ce processus d’innovation vulgarisé en 1997 par Janine Benys  propose de s’inspirer du vivant pour tirer parti des solutions et des inventions produites par la nature.

« Parce que la nature est high tech » rappelle Idriss Aberkane « elle sait fait mieux que l’humain, son processus de production est meilleur et non polluant ». Et le triple docteur de nous démontrer l’impact que peut avoir un petit calamar du Pacifique sur les écrans métamatériaux optiques de Samsung ou les diatomées (organismes microscopiques unicellulaires)  sur les puces fabriquée par Intel. Pour ces deux innovations, la solution est dans la nature « C’est un peu comme si jusqu’ici en détruisant la nature nous avions brûlé les livres plutôt que les lire » explique Idriss Aberkane.

Et le chercheur de (provisoirement) conclure « jusqu’alors nous avons été homo sapiens materialensis, il serait peut être temps de devenir homo sapiens véritablement sapiens ! »