Depuis 2011, Coder Dojo initie des 7-17 ans à l’art de la programmation. L’objectif ? Former de manière ludique la prochaine génération de natifs digitaux.

En 2016, aux États-Unis, selon Bill Clinton, plus de 100 000 postes de développeurs ne trouveront pas preneurs. Partout, universités et écoles peinent à suivre la demande (en hausse estimée de 28 à 32 % par an jusqu’à 2020) en programmeurs. Pire, cette crise des talents bride la croissance économique d’autres secteurs digitalement dépendants. Voilà pourquoi les nations, les RH et les startups s’arrachent cette ressource humaine stratégique, en s’efforçant de faciliter l’immigration de codeurs, ou en rivalisant d’attractivité dans leurs espaces de travail.

Un apprentissage précoce

Les qualités d’un bon programmeur sont celles d’un bon linguiste. Et les langages informatiques sont comme les langues vivantes : un apprentissage précoce et une pratique assidue sont la clé du succès. Coder Dojo offre donc gratuitement aux « ninjas » (les 7-17 ans) l’opportunité d’acquérir ces précieuses compétences grâce au mentorat d’aînés talentueux. Nombre de startups désireuses de former leurs futurs employés en culotte courte détachent désormais leurs collaborateurs.

« Je suis conquise par la capacité d’adaptation phénoménale des enfants. Dès le CE1 ils sont capables d’appréhender le HTML, les bases de la robotique, et la création de petits jeux sur scratch » sourit Audrey Bayard, responsable bénévole du projet chez Salesforce. Dans le cadre de son programme 1-1-1 (1 % du temps de travail, 1 % des capitaux, 1 % de dons produits pour des opérations caritatives ce qui représente 1,3 millions d'heures de bénévolat, plus de 115 millions de dollars de dons à 28 000 organisations caritatives pour 250 millions de dollars d'abonnements offerts) le leader du cloud est partenaire de Coder Dojo, et héberge en ses locaux son propre atelier mensuel.

En savoir plus sur le modèle philantropique 1-1-1 de Salesforce et les activités de la fondation   

Venue d’Irlande, l’initiative citoyenne et participative de James Whelton (alors tout juste majeur) et de Bill Liao (un entrepreneur social australien habitué des Ted Talks) porte déjà ses fruits dans le monde. À seulement 14 ans, Jake O’Toole, le gagnant 2016 du prix du « projet le plus cool » (sic) est déjà un codeur talentueux, et son application en gestation -PinPoint- protégera les jeunes en les géolocalisant.

Les filles ne sont pas en reste

Une autre lauréate de 13 ans et collaboratrice du Huffington Post est même la « jeune fille digitale de l’UE de l’année ».  Niamh Scanlon partage ses 4 années d’expérience dans le cadre du sous-projet « Coder Dojo  pour jeunes filles » qui vise à former celles-ci (sous-représentées dans le secteur) aux arts digitaux. Infirmant les clichés, les filles font preuve d’une grande concentration et d’une logique sans faille propice au code. « J'ai découvert que le code ça pouvait être rigolo, [et] m'amuser ! » s’enthousiasme la petite Manon. Même engouement pour cette maman venue avec ses filles : « elles ont adoré ! Même ma plus jeune de 5 ans voudrait faire ça tous les soirs ».

Un site recense les ateliers, partage du matériel pédagogique et centralise à l’image d’un GithHub ou d’un Wiki les bonnes volontés. Créer un Dojo est simple : il suffit de trouver un lieu (bibliothèque, école, université, entreprise), une connexion web, des bénévoles et éventuellement quelques postes informatiques. Alors, qu’attendez-vous ?