C’est en 1984 que le terme de Technostress est apparu sous la plume de l’entrepreneur américain Craig Brod, auteur de Technostress, the human cost of the computer revolution.  

Une maladie moderne

A une époque où seule une population restreinte avait accès à un ordinateur, le technostress se définissait comme « une maladie moderne d’adaptation due à l’incapacité à faire face aux nouvelles technologies informatiques de manière saine. » On imagine aisément que 35 ans plus tard le coût humain est d’autant plus important…

D’autant plus important que le technostress n’a été que récemment vulgarisé et considéré avec égard comme un mal pouvant non seulement poser des problèmes au niveau individuel des collaborateurs mais plus globalement déstabiliser l’entreprise dans son ensemble.

Des symptômes...

Craig Brod dénombre cinq facteurs principaux conduisant au technostress : l’invasion sur la vie privée, la complexité des apprentissages des nouveaux outils informatiques, l’insécurité, l’incertitude et le surmenage.

« Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont aboli les repères au temps et à l’espace » explique Patrick Legéron, psychiatre et fondateur du cabinet Stimulus. « Le cerveau humain n’évolue pas de manière aussi rapide que les technologies. Il doit intégrer des données toujours plus nombreuses et complexes qui exigent de lui une réactivité immédiate ».

Tant est si bien que les 150 e-mails quotidiens que reçoit en moyenne un cadre dans une entreprise conduit à une totale contre performance puisque les cadres sont de fait interrompus toutes les quatre minutes. Selon une étude Novamétrie, 76 % des dirigeants informatiques ont même constaté une utilisation inadaptée de leur messagerie électronique dans leur entreprise…

Au delà du généraliste technostress, de nouveaux symptômes, plus ciblés sont également apparus tels que le FOMO (Fear Of Missing Out = la peur de manquer une information) ou la Nomophobie (No Mobile Phobia =  la peur de perdre son portable). Le technostress ne se limitant pas au seul ordinateur mais recouvrant  la galaxie, sans cesse croissante, des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

… et des remèdes

Heureusement, après une analyse des différents symptômes, les premiers remèdes ont commencé à poindre. Après le paramétrage des messageries pour assurer un tri sélectif des mails en fonction de leur véritable degré d’importance, le blocage des serveurs le soir et le week end, l’envoi différé des mails,  les plages de consultation qui permettent la mise en place d’un délai de réflexion avant de répondre aux mails, la suppression de la fonction “répondre à tous” ou encore la désynchronisation entre la tablette personnelle et l’ordinateur de bureau d’autres options sont également proposées…

Dans la mouvance du documentaire de Pierre-Louis Lacombe et de Pierre-Oliver Labbé Digital Detox où le journaliste se déconnecte pendant 90 jours  des pauses numériques sont désormais proposées par des stations thermales ou des maisons d’hôtes nichées en rase campagne. L’idée n’est pas ici d’abandonner définitivement la connexion mais d’apprendre à la gérer enfin d’en devenir maître et non plus esclave !