Aircall est le lauréat du prix « Coup de cœur » d’Ile-de-France du Fast50 2016. Fondée en 2014, cette startup s’est rapidement fait un nom dans le secteur des télécoms grâce à sa solution de téléphonie d’entreprise SaaS.

Questionnaire de l’entrepreneur à Jonathan Anguelov, COO et co-fondateur d’Aircall.

Quelle est votre promesse ?

Nous promettons de résoudre le casse-tête logistique de la téléphonie d’entreprise ! Pour de nombreuses entreprises, installer un centre d’appel et un système de téléphonie signifie souvent des coûts d’infrastructures élevés et des délais très longs. C’est le cas à n’importe quel niveau de développement : pendant la phase de création, mais aussi après un déménagement, à l’arrivée de nouveaux collaborateurs ou encore lors d’un changement de système... Notre solution : installer toute l’infrastructure télécom d’une entreprise dans le cloud en quelques clics pour créer un centre d’appels ou des lignes téléphoniques de façon instantanée.  

Quelle est votre arme secrète face à vos concurrents ?

Le tout-software, qui, pour commencer, permet de créer et déployer quasi-instantanément un centre d’appel, simplement et à bas coût. L’infrastructure Cloud permet de s’adapter très facilement aux besoins de l’entreprise pour augmenter son parc téléphonique – ou le réduire.

Aircall s’intègre aussi très facilement aux autres logiciels de l’entreprise – ce qui permet d’en faire, en quelque sorte, la brique « voix » d’un écosystème de travail collaboratif. Contrairement aux solutions traditionnelles, on peut se connecter en un clic à un helpdesk ou un CRM. C’est notamment le cas avec Salesforce. Les entreprises qui font appel à Aircall ont d’ailleurs souvent un service client ou des équipes de vente, et ces intégrations apportent une forte valeur ajoutée.  Des clients tels que Meero ou AirRefund ont la possibilité de faire remonter la fiche d’un client qui est en train de les appeler automatiquement. Dès qu’il décroche, l’opérateur peut le saluer par son nom : il a tout l’historique de la relation sur son écran… En fin d’appel, il intègre à la fiche du client l’enregistrement, il crée des tickets, log l’appel, et ainsi de suite. C’est une manière très efficace d’améliorer les échanges et de monter en productivité, et aucune entreprise ne peut aujourd'hui faire l’impasse là-dessus !

Quels sont la date et le chiffre-clé qui résument votre succès ?


La date : mai 2015. Nous avons été sélectionné par l’accélérateur 500 Startup à San Francisco. Nous – les quatre co-fondateurs – y avons passé quatre mois pour nous développer et lancer l’implantation aux États-Unis. On a tout de suite senti que notre projet répondait à un vrai besoin de marché. Peu de temps après, nous avons eu l’occasion de pitcher on-stage à TechCrunch Disrupt SF. C’était très gratifiant de pouvoir se présenter au public, ce qui est plutôt rare pour une startup B2B.

Et le chiffre… *20 ! Je m’explique : nous traitons aujourd’hui plus de 2 millions d’appels par mois contre 100 000 il y a un an. Allez, je vous en donne même deux autres : Notre équipe s’est multipliée par 10 et notre chiffre d’affaires par 15 – Aircall est une des entreprises qui, relativement à sa taille et son business (B2B), a enregistré une des plus fortes croissance en Europe.

À quel moment vous êtes-vous dit « ça y est, c’est parti » ?


Il y a eu un épisode assez surréaliste à San Francisco en 2015. Un dimanche soir, nous avons soudain vu passer dans notre back-end le message Uber s’est inscrit à la plateforme : Uber Mexique venait d’installer notre solution en une vingtaine de minutes. Dès le lendemain, ils se sont mis à passer des milliers d’appels par jour. On a quand même dû nous assurer du jour au lendemain que nos serveurs pouvaient tenir la cadence. Un vrai test. Après avoir tenté de les contacter, nous avons seulement reçu un mail qui disait « Tout va bien. Ça fonctionne. Merci. »

Votre meilleur(e) ami(e) lance sa propre startup. Quel conseil lui donneriez-vous ?


« Reste concentré sur ton projet et ne te laisse jamais abattre. » Les entrepreneurs sont des gens qui doutent énormément, et c’est normal. Moi-même, je ne mesurais pas à quel point les doutes et les creux - de vrais creux - font partie de l’aventure. Il ne faut jamais s’arrêter de tester son projet : même s’il n’aboutit pas, on en apprend toujours quelque chose !

Quelle est la prochaine étape ?


Notre dernière levée de fonds, en septembre 2016, nous permet d’avancer assez sereinement. Nous visons de tripler notre chiffre d’affaires à fin 2017. Le premier objectif : développer notre équipe et continuer notre implantation aux États-Unis. Le marché américain est très mûr pour une solution comme Aircall, du fait de la familiarité avec les solutions collaboratives. Et surtout, autre belle étape : nous nous apprêtons à devenir partenaire ISV de Salesforce, ce qui nous permettra de distribuer notre application, en utilisant l’AppExchange. Ce partenariat représente un vrai plus pour le recrutement de nouveaux clients. Et enfin, nous développons notre marketing pour devenir incontournable. L’automatisation de ces tâches va également passer par Salesforce, donc encore merci !