Où en sont les industriels français vis-à-vis de l’IoT (Internet of Things ou Internet des Objets) ? Quel est leur niveau de maturité sur le sujet ? Qu’ont-ils comme objectifs en la matière et qui sont les partenaires qui leur permettraient d’avancer plus vite et mieux ? Voilà autant de questions que s’est posées la société de services en technologie de l’information CGI. Pour y répondre, elle s’est associée au cabinet de conseil et d’analyse PAC pour interroger 150 entreprises de plus de 500 personnes actives dans l’aéronautique, la high-tech, l’automobile ou encore la fabrication de machines. Passage en revue des principales conclusions de leur étude, qui sont autant de clés pour imaginer et mettre en œuvre les projets IoT de demain.

1. Des possibilités immenses

Usine du futur, supply-chain étendue, services après-vente connectés, traçabilité, optimisation de la maintenance, supervision en temps réel et à distance… Les liens entre les objets connectés et l’industrie sont réels, et les opportunités qu’ils recèlent immenses. Aux entreprises de se réinventer en passant du statut de simple « fabricant » à celui de prestataires de services à forte valeur ajoutée. Michelin, par exemple, ne se contente plus de fournir des pneus. A travers sa filiale Michelin solutions, la société équipe les camions d’un boîtier télématique mesurant la consommation du camion, la conduite du chauffeur ou la pression des pneus dans le but de garantir des économies de carburant et davantage de sécurité. Michelin propose ces services à l’ensemble de la flotte des transporteurs (pas seulement à ses clients) et rembourse les frais engagés si les objectifs ne sont pas atteints.

2. Des enjeux bien intégrés

Les entreprises sont une majorité à estimer que l’IoT pourrait jouer une rôle important ou majeur sur leurs processus internes comme externes :
- gestion de la production (65%)
- supply chain étendue (72%)
- gestion du shop floor (73%)
- traçabilité (79%)
- développement de nouveaux services (72%)
- amélioration des services existants (83%)

3. Un faible niveau de maturité

Le niveau de maturité des entreprises sur ce sujet est cependant encore faible, puisque seuls 35% des entreprises interrogées ont déclaré avoir mené une réflexion au sujet de l’IoT à fin 2015. Et sur celles-ci, seule une sur trois - soit 10% du panel total- s’était dotée d’une véritable stratégie en la matière.

4. Un problème de priorités

Pour justifier ce retard, les industriels n’ayant pas mis en place de stratégie IoT ont expliqué qu’ils avaient « d’autres priorités » (34%) ou « pas encore identifié d’application concrète » à l’IoT (21%). Le manque d’argent ou de compétences ne semble pas être un problème majeur, puisque ces deux freins sont respectivement cités à seulement 13% et 4%.

5. La traçabilité en tête

Parmi les industriels qui avaient déjà réalisé des projets IoT en 2015, 27% avaient trait au domaine de la traçabilité, suivie par la gestion de la production (22%), l’amélioration des services existants (17%), le shop floor ex-æquo avec la supply-chain étendue (13%) et enfin le développement de nouveaux services (6%).

6. Un domaine stratégique

Signe de l’importance accordée à l’IoT, les projets qui y ont trait sont majoritairement pensés au niveau du Groupe (60%). Ils sont portés par le PDG ou le Comex dans 39% des cas, 17% par la DSI et 43% pour les différents métiers cumulés.

7. Objectif n°1 : rester compétitif

Les industriels ayant mis en place des stratégies IoT pour l’amélioration des processus externes l’ont fait avant tout pour « rester compétitif et attractif » (59%), améliorer leurs marges (57%) et réaliser de la croissance sur des marchés connexes (44%). Les objectifs de recruter de nouveaux clients (31%) ou d’augmenter la part des revenus récurrents sous forme d’abonnements (11%) arrivent loin derrière.

8. Penser large

L’IoT ne peut se penser qu’au sein d’un écosystème plus large, mêlant mobilité, big data, outils analytiques… Seule la combinaison d’un ensemble de technologies permettra aux entreprises de bouleverser leur modèle d’affaires pour entrer de plain-pied dans l’industrie 4.0.

9. Quatre couches à intégrer

Hardware, software, connectivité aux réseaux et interopérabilité : selon PAC, il existe quatre couches qui structurent le marché. Les industriels ont donc tout intérêt à se faire aider de sociétés de services qui maîtrisent ces différentes technologies (en propre ou en intégration) afin d’avancer au mieux dans leurs projets d’IoT.

10. Commencer petit

Tout en ayant, dès le départ, une vision stratégique globale du projet, il vaut mieux, toujours selon PAC, commencer petit et avancer brique par brique plutôt que d’adopter une approche « big bang » risquée. Assurez-vous que le back-office est prêt à supporter ces nouvelles offres de services et soyez prêt à assumer la part d’échecs qui font partie des processus.