À l’heure des nouvelles technologies et de la 4e révolution industrielle, diriger une entreprise, c’est arpenter le versant du progrès, pas celui du conservatisme. Dans Trailblazer, disponible maintenant en français, le fondateur de Salesforce Marc Benioff donne sa lecture — très personnelle — du rôle du dirigeant et actualise la définition du capitalisme, en mode philanthropique. Quand l’entreprise s’impose comme une plateforme de changement...

Il existe 2 sortes de PDG

« Ceux qui croient qu’améliorer le monde fait partie de leur mission et ceux qui pensent que leurs responsabilités se limitent à produire des résultats pour leurs actionnaires », juge Marc Benioff fondateur et CEO de Salesforce dans son livre Trailblazer, fraîchement traduit en français. Dans un monde en crise dû au Covid-19, la formule de l’économiste Milton Friedman, « L’entreprise n’a qu’une seule et unique responsabilité sociale, celle d’augmenter ses bénéfices », n’a jamais été aussi discutée. Pour Marc Benioff, « l’intérêt des entreprises n’est pas uniquement de créer du profit pour leurs actionnaires. Elles sont tout simplement trop grosses, trop mondiales et trop impliquées dans la vie quotidienne des gens. Oui, il va de notre intérêt [en tant que PDG] d’accroître nos profits, mais également d’améliorer l’état du monde […]. Pas uniquement parce que c’est bon pour la conscience personnelle, mais parce que c’est bon aussi pour les entreprises. » Les statistiques plaident en faveur de cette idée. À l’occasion d’un sondage en ligne sur la responsabilité sociale des entreprises mené par Nielsen dans 60 pays, 66 % des répondants se sont dits prêts à payer plus cher les produits et les services des entreprises qui s’engagent à avoir un impact social et écologique positif.

Les valeurs créent de la valeur

À l'avenir, le profit et le progrès ne seront durables que s'ils servent le bien commun. Le capitalisme doit être redéfini en incluant toutes ses parties prenantes : les actionnaires certes, mais également les employés, les clients, les communautés et même la planète. « À chaque fois que votre entreprise touche quelqu’un, même à la marge, vous devenez comptable du bien-être futur de cette personne. Dans un sens, c’est un fardeau, mais c’est aussi une opportunité en or », écrit Marc Benioff.

Pour le fondateur de Salesforce, l’entreprise s’impose comme la plateforme incontournable du changement. Cette idée bien dans l’air du temps, Salesforce la met en pratique depuis 21 ans, persuadée que seules les valeurs créent de la valeur. Dans Trailblazer, Marc Benioff revient ainsi sur la création de la start-up à San Francisco en 1999. Il dévoile comment il a réussi à enraciner les valeurs de confiance, de succès client, d'innovation et d'égalité. À tel point qu'elles sont devenues, au fil des années, un avantage concurrentiel décisif, ainsi qu’un puissant moteur de succès.

Ainsi, pendant la crise sanitaire, ces valeurs ont permis à l’entreprise de guider son activité, en restant concentrée sur le succès de ses clients. Salesforce a ainsi partagé ses technologies avec ses parties prenantes, offrant gratuitement Health Cloud aux équipes de secours, aux centres d’appels et au personnel soignant, parce que c’est à l'échelon local, dans les villes, que le changement devient concret. Tableau, acquis l’an dernier, a développé un hub de données sur la pandémie, pour aider les organisations à suivre l’évolution de la situation en temps réel. Quip Starter a également été mis à la disposition des clients de Salesforce et des associations pour faciliter le travail à distance. En parallèle, Salesforce a créé une série de contenus intitulée Repenser demain, destinée à sa communauté pour aider les entreprises de toute taille à rebondir après la crise.

Nouvelles pressions, nouveaux risques

« J’ai toujours pensé que la technologie avait le pouvoir d’aplanir le terrain de jeu planétaire pour le meilleur : favoriser l’avènement de sociétés plus ouvertes, plus diversifiées, plus confiantes et plus inclusives […]. Mais il m’apparaît désormais aussi clair que la technologie n’est pas la panacée et que ces possibilités étaient loin d’être garanties. Nous faisions face à de nouvelles pressions, de nouveaux risques, et avec eux, à des dilemmes moraux tout aussi inédits. » Les inégalités, en se creusant, entament en effet la confiance des populations dans leurs institutions.
« J’ai décidé d’écrire ce livre car je crois sincèrement que nous sommes au seuil d’une 5e révolution industrielle où la confiance sera accordée aux entreprises qui mettront à profit les technologies développées pendant la 4e pour améliorer l’état du monde. L’innovation ne progressera plus dans la bonne direction à moins qu’elle ne soit consacrée sincèrement et durablement au progrès de l’humanité tout entière », poursuit-il. Cette vision holistique du rôle de l’entreprise semble désormais incontournable pour les dirigeants. Comme le résume Klaus Schwab, le fondateur du Forum Économique Mondial : « Par le passé, les grands patrons avaient une vision et la matière grise pour la concrétiser. Mais les grands dirigeants de la 4e révolution industrielle doivent avoir de l’âme, en plus de la matière grise et de la vision. »

 

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